Léa, Clochette ou Cendrillon


Bulletin météo

Forcément quand on est heureux on écrit moins. C’est peut-être pour ça. Enfin heureux c’est beaucoup dire, dans tout ce fatras. Une impression de bonheur, comme on dirait en météo. De quiétude.


Troisième mandat

Cette année pas de galette. Pas de fève, pas de reine, pas de couronnement, pas de roi. On va garder les mêmes, Clochette est d’accord. Comme ça on ne prend pas de risque.


5 4 3 2 1 Bonne année

5 4 3 2 1 Bonne année… C’est maintenant ? Je crois que je dormais

Janvier mois des rois je pleure deux fois, une fois de chagrin une fois de joie

Février j’ai peur mais  je ne peux rien

Mars avril mai autant de toiles et d’étoiles partagées

Juin juillet je voulais tant voir la mer et tous les jardins tous les délices

Août, ah août est un mois double non ?

Septembre enfin c’est toujours bien

Octobre novembre la vie est douce aussi au quotidien

Décembre est là il me faut l’écrire je n’ose pas le dire

On ne dit rien mais qu’est-ce que c’est bien

5 4 3 2 1 C’est bientôt je crois que je vais dormir


Hé, on peut changer de livre si on en a assez ?

Ce n’est pas un temps pour une fée, il fait bien trop froid, et nuit presque tout le temps. Clochette a les pieds glacés dans son grand lit. Il est bien trop tôt pour dormir, mais elle n’a envie de rien faire. Tout l’ennuie. Du matin au soir au matin. La partie solitaire de sa vie est ennuyeuse. Clochette voudrait bien qu’on lui dise comment changer de livre d’histoires, durablement.


Pleurer des rivières, à quoi ça sert

C’était de vraies larmes, pas de celles de crocodile. De celles qui dévastent le noir des yeux, qui rougissent les joues. Qui coulent sans que rien ne puisse les arrêter, des rivières qui emportent avec elles un peu de la peine. Elle avait fini par croire qu’elle ne savait plus pleurer. Que quelque chose s’était cassé. Elle s’était trompée. Pleurer des rivières, pour Clochette, c’est se sentir à nouveau bien vivante.


Un p’tit grain de folie Clochette ?

En toute fée qui se respecte il y a un petit grain de folie. Tout le monde le sait. Mais personne ne le voit. Presque personne ne fait attention. Parce que dans la vie, presque personne ne sait se montrer suffisamment attentif, suffisamment sensible. Presque.


Où ai-je la tête

La fée Clochette n’a plus toute sa tête. Deux oublis dans la journée, c’est pas son ordinaire. Elle a dit « mais moi je vieillis ». Alors on s’est bien moqué d’elle et on a dit qu’elle est amoureuse.


L’encre bleue

Elle n’a pas disparu. Elle est partie écrire plus loin, à l’encre bleue, celle des mots qu’on dit avec les yeux.


Joyeux anniversaire. Joyeux anniversaire, déjà.

Encore un anniversaire Léa. Souviens toi, le printemps efface les mauvais jours, toujours. Mais il n’y a rien à oublier cette année. Pour une fois les maudits jours d’hiver t’ont épargnée, un peu. Tu te rappelles la douleur, le froid, le Nord, le vent la pluie. La tendresse de ton refuge. La détresse de ton départ.

Déjà un anniversaire, Léa. Souviens toi, le printemps dernier t’a transformée en fée Clochette.


Tellement amusant, qu’elles y retournent souvent.

Soirée ordinaire pour la fée Clochette. La maison n’est plus vide, la vie fait du bruit dans les chambres d’enfants, réfugiés dans leurs mondes respectifs. Cette nuit peut-être sera sans démons ni rêves bleus, juste une nuit de sommeil. Demain peut-être sera une journée sans stress. Ou même mieux, la journée d’un dossier bouclé, timbré, posté. Oui, ça serait bien. Mais elle sait qu’elle n’a pas d’énergie pour tout. C’est une partie d’elle-même qu’elle a perdu dans ses batailles.
Huit nouveaux mois ont passé depuis que des larmes ont coulé sur ses joues.  C’est à chaque fois une sensation si étrange, une infinie tristesse, une envie irrépressible de pleurer, et rien. Clochette n’aime pas ça. Ça fait mal; ça pique les yeux.
Elle n’est cependant plus mélancolique. Elle dit souvent que sa vie ne ressemble à rien. Et pourtant, comme jamais dans sa vie d’avant, elle collectionne les moments heureux.
Ce soir, comme beaucoup d’autres, elle écrit. mais les mots tardent à venir, et son esprit s’envole, sans qu’elle cherche à le discipliner plus que ça.
Oui, c’est une drôle de fée que cette fée. Une de ces créatures bizarres qui vont en vacances à quelques rues de chez elles, et qui trouvent ça amusant. Tellement amusant, qu’elles y retournent souvent.

 


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